Label Vert, Minergie, Immolabel, Immodiag… Comment s’y retrouver ? Un coup d’oeil général n’est pas inutile.
| Constat | Diagnostic | Reconnaissance |
|---|---|---|
| Immolabel | Immodiag | Label Vert (USPI) |
| Thermographie aérienne | Eco21 (SIG) |
Économies d’énergie, l’incitation et la récompense
Chacun de nos précédents infobulletins aborde un volet du vaste programme des économies d’énergie. Label Vert, Minergie, Immolabel, Immodiag…Comment s’y retrouver ? Un coup d’oeil général n’est pas inutile. Nous lui consacrons l’entier de ce numéro.
Montrer l’exemple et le diffuser
La Régie du Rhône s’est toujours voulue à la pointe des actions en faveur de l’environnement. Une longue expérience lui permet de guider ses clients vers l’investissement le plus efficace en termes d’économies et de résultats. Cet optimum doit prendre en compte les obligations légales et les simples recommandations. À l’évidence, il inclura les subventions auxquelles les divers travaux d’amélioration peuvent donner droit.Dans ses propres locaux et ceux qu’elle gère, notre régie a parfois précédé les normes et les actions environnementales. Elle peut aussi les appliquer au-delà des obligations (ainsi avec le tableau Immolabel® des diverses consommations). Pourquoi ce zèle ? Deux raisons : l’attitude citoyenne et le retour sur investissement… des raisons que les propriétaires d’immeubles ou d’appartements partagent. Démêlons la chaîne des recommandations, des exigences, des reconnaissances et des aides.
Immolabel
ImmoLabel® est un indicateur nouveau et un excellent concept d’étiquetage énergétique des bâtiments. À Genève, la Régie du Rhône a été l’une des deux premières à le mettre en place, et pour tous les immeubles dont elle a la gestion. Elle enverra chaque année une copie aux propriétaires. Pour eux, cette information représente un premier et précieux guide vers des économies potentielles. Pour la régie, un outil de surveillance et de contrôle des consommations.
Le système ImmoLabel® met en balance la surface d’un bâtiment, le nombre d’occupants et les frais énergétiques : électricité, combustible, eau chaude, ainsi qu’eau froide. À partir de ces données simples et toujours disponibles, il permet de calculer automatiquement les performances énergétiques d’ensemble et de les ventiler selon plusieurs indices ou indicateurs. À l’exemple des étiquettes énergétiques de l’électroménager, la performance de chaque poste est représentée par un code de couleurs sur une échelle graphique explicite.
Niveau indicatif dans le rouge ou dans l’orange ? Il signale une opportunité, sinon une nécessité d’amélioration, car un fort potentiel d’économie est ainsi mis en évidence pour le secteur considéré. Les travaux correctifs se révèlent prioritaires par rapport à d’autres secteurs où l’indicateur tend vers le vert.
Nous devons le concept ImmoLabel® ainsi que celui d'Immodiag présenté ci-dessous, à une start-up genevoise spécialisée : Signa-Terre SA. Le 6 juin dernier, en marque d’appréciation, le Département de l’économie et de la santé lui a décerné la mention du Prix cantonal du développement durable.
Immodiag
Audits Immobiliers légers
Immolabel® illustre les constats de déperdition thermique. Pour sa part, Immodiag® envisage les travaux correctifs sur les zones principales concernées. Il précise les niveaux de déperdition avant et après les travaux. Il évalue les coûts d’amélioration, ainsi que les avantages financiers. Il entend répondre à moindres frais aux trois questions légitimes des propriétaires et maîtres d’ouvrage :
- Quelle est la situation ?
- Que faire pour l’améliorer ?
- À quel coût ?
Notons que la Régie du Rhône fut la première à mettre en pratique le programme Immodiag® à Genève. Pour chaque immeuble dont l’indice de chauffage dépasse 600 mégajoules par m2 et par an, elle a fait établir ce diagnostic par Signa-Terre SA.
Du diagnostic au pronostic Chaque secteur principal de l’immeuble est considéré : planchers, façades, fenêtres, etc. Immodiag® estime les frais d’amélioration bruts (hors subventions d’accompagnement). Immodiag les place en regard des économies annuelles envisageables et détermine ainsi la rentabilité de l’investissement. Le plus souvent, dans un immeuble, il est impossible de tout améliorer en une seule fois. Les choix prioritaires prendront en compte les diverses données fournies par Immodiag, afin d’intervenir sur les défauts majeurs à traiter en premier. Comme pour l’étiquetage Immolabel, notre régie adresse une copie de l’Immodiag aux propriétaires.
La Régie du Rhône passe à l’action
Notre canton consacre environ 50% de sa consommation énergétique au domaine bâti. Comment économiser ? Les “passoires énergétiques” se concentrent parmi les immeubles locatifs ou professionnels, ainsi que les vieilles maisons. Aucun de ceux que nous gérons ne mérite pareille dénomination. Il n’empêche que beaucoup franchissent le seuil de 600 MJ/m2/an. La Régie du Rhône a demandé le diagnostic pour les 100 immeubles dont la consommation est la plus importante.
Les mesures correctives recommandées après diagnostic peuvent être importantes ou légères.
Mesures importantes : meilleure isolation du toit, remplacement ou survitrage de fenêtre, mise en place de vannes thermostatiques… La Régie du Rhône a été parmi les premières à solliciter des subventions pour aider les propriétaires.
Mesures légères : mise en place d’ampoules économiques, sensibilisation des concierges, commandes groupées et standardisées de produits de nettoyage…
Les questions
Directeur Général de Signa-Terre SA, Laurent Isoard répond à nos questions.
Régie du Rhône : Comment ont évolué vos projets en 2009 ?
Laurent Isoard : Au-delà d’ImmoLabel que nous avions lancé fin 2008, l’année 2009 a vu le développement et la mise en place de nos produits (ImmoLabel, ImmoDiag, ImmoParc, audits…), ainsi que le lancement de notre entreprise. Force est de constater que le succès récompense les efforts. D’abord — et c’est le plus important — par l’affluence de clients que nous avons su convaincre et qui nous font confiance. Ensuite, par le développement de notre société. Elle compte aujourd’hui cinq collaborateurs.
RR : Quels sont les principaux objectifs pour 2010 ?
LI : Continuer à développer l’entreprise dans tous les axes. Poursuivre l’élaboration de nos outils, notamment la mise en place d’ImmoLabel version 2. Des indicateurs plus poussés en font un outil d’expertise. Également, la finition de “smart metering” que nous mettons au point avec la société NeoTechnologie SA. Il permettra à chaque locataire de surveiller en temps réel sa consommation. Enfin, participer à la rénovation de nombreux bâtiments, afin de contribuer à la baisse de consommation d’énergie du parc immobilier.
Label Vert
En faveur de l’environnement et des économies d’énergie
Adopté en 2008 par l’USPI Genève, le Label Vert doit conduire à des économies de l’énergie, ainsi que des ressources naturelles. Sa mise en pratique est laissée à la libre appréciation des régisseurs, membres de l’USPI. Dès le départ, la Régie du Rhône a souscrit au Label Vert. Mieux : elle a collaboré à l’élaboration du cahier des charges et du programme collectifs. Ainsi faisait-elle partie du peloton initial de 5 régies très motivées. Aujourd’hui, à Genève, elles sont 23 sur 29.
Voir "Fertiles économies d’énergie" Infobulletin de la Régie du Rhône - novembre 2009
Au service de l’immobilier genevois
Pionnière dans l’application d’ImmoLabel, la Régie du Rhône a travaillé en amont. Avec la section genevoise de l’USPI (Union Suisse des Propriétaires de l’Immobilier), elle participe depuis longtemps à l’élaboration de certaines recommandations en matière d’économies d’énergie.
éco21
« Ensemble, chassons les Watts ! » Slogan volontariste des Services Industriels de Genève, il accompagne son programme d’économie d’électricité éco21.
Conçu pour les particuliers, les entreprises et les collectivités, éco21 entend aider les propriétaires dans l’assainissement de l’éclairage, en particulier celui des communs d’immeubles. Les petits ruisseaux faisant les grandes rivières, le programme éco21 ambitionne de générer chaque année 1% d’économie sur la consommation électrique globale du canton. Objectif dérisoire ? Ramené au seul assainissement des communs d’immeubles, il n’en représente pas moins 50 à 80% d’économie potentielle. À l’horizon 2013, éco21 pourrait contribuer à alléger de 150 millions de kWh la consommation annuelle de Genève. « La problématique énergétique devient la clef du développement durable », rappelle SIG. Impliquée dès l’origine, la Régie du Rhône soumet déjà 180 bâtiments à l’action “Communs d’Immeubles”. 
Dans l’immédiat, éco21 propose un processus opératoire qui implique plusieurs catégories d’acteurs. Parmi eux, les installateurs électriciens. Une formation complémentaire spécifique leur a été dispensée par SIG pour la prise en main du processus. Ils ont également reçu des outils spéciaux. Ainsi peuvent-ils établir gratuitement et sur demande des offres approfondies à l’attention des propriétaires ou des régies.
Parmi les propositions d’intervention, ces offres peuvent inclure, par exemple, la mise en place de détecteurs de présence, l’installation de luminaires “intelligents”, l’élimination des ampoules à incandescence, etc. De plus, elles précisent le potentiel d’économie. Libre au propriétaire de les appliquer.
Le Label Vert et éco21 partagent une large zone relative à l’économie d’électricité dans l’éclairage des communs.
Les questions
Interrogeons Serge Cursaz. Dans le cadre d’éco21, il est responsable de l'action "communs d'immeubles".
Régie du Rhône : Comment a évolué votre projet pendant l’année 2009 ?
Serge Cursaz : L’action “communs d'immeubles” s’est armée d’un outil de gestion Web destiné à faciliter le processus. De février à novembre, éco21 a informé et formé plus de 50 régies et 120 installateurs électriciens sur l’utilisation de l’interface Web, ainsi que sur des aspects techniques et matériels. Parmi les “résultats-clés”, je n’en citerai que deux :
- 2686 demandes sur l’outil “communs d’immeubles”
- À ce jour, environ 250 assainissements, soit une estimation basse de 1,2 GWh économisé.
RR : Quels sont les principaux objectifs pour 2010 ?
SC : L’élargissement des actions dans les communs d’immeubles selon des critères spécifiques. Je pense en particulier aux buanderies, à la ventilation, aux calculateurs.
RR : Votre vœu pour 2010 ?
SC : Souhaitons que 1000 bâtiments soient assainis grâce à notre outil “communs d’immeubles”. Souhaitons également que les propriétaires et les régies engagés dans les économies d’électricité obtiennent le Label Vert.
Thermographie aérienne
Encore une technique de diagnostic. Le principe est simple, le résultat spectaculaire. Les communes de Meyrin et Vernier ont mandaté une entreprise spécialisée. Équipé d’une caméra sensible aux radiations dans l’infrarouge, son hélicoptère a survolé et photographié l’ensemble des bâtiments, secteur par secteur. Sur les clichés obtenus, les déperditions de chaleur sont mises en évidence suivant une échelle de couleurs facilement interprétable. Chaque propriétaire ou son représentant peut obtenir le cliché le concernant.
Une base d’enquête
Aussi révélatrice soit-elle, la thermographie aérienne a ses limites. Les informations concernent principalement les toitures, sensiblement moins les façades. Elles mettent en évidence les fuites thermiques, mais sans mesure du niveau de déperdition.
Simple indicateur, la thermographie se révèle néanmoins précieuse. Un exemple : un toit était connu pour sa perméabilité thermique. Fallait-il l’isoler entièrement ? La photo aérienne décèle une zone limitée de déperdition. Elle seule doit être traitée. Le budget est divisé par dix. Isolations insuffisantes, ou mal mise en œuvre ou détériorées, ponts de froid localisés, installations techniques… tout apparaît en clair.
Les questions
Responsable du projet Énergie à la commune de Meyrin, Olivier Balsiger nous répond. 
Régie du Rhône : Comment a évolué votre projet pendant l’année 2009 ?
Olivier Balsiger : La décision de conduire cette analyse à Meyrin a été prise le 20 janvier 2009 par le Conseil municipal. Bientôt rejoints par Vernier, nous avons réalisé les survols les 16 et 17 mars 2009. Une exposition de présentation des résultats s’est tenue au Forum Meyrin les 16 et 17 octobre 2009.
RR : Quels sont les principaux objectifs pour 2010 ?
OB : Diffuser les images aux milieux concernés : propriétaires, entreprises, régies immobilières notamment.
Conduire des actions ciblées à l’attention des propriétaires de bâtiments pour lesquels de fortes déperditions de chaleur ont été constatées.
Communiquer et valoriser les réalisations exemplaires de la Commune.
RR : Votre vœu pour 2010 ?
OB : Que ce projet conduise réellement à des travaux d’amélioration thermique. Lors de l’exposition, le responsable d’une grande entreprise à Meyrin a constaté qu’une partie de sa toiture présentait des pertes de chaleur importantes. Il s’est engagé à réaliser des travaux rapidement. Puisse ce cas servir d’exemple !
Subventions de l'Etat
Interrogeons Olivier Epelly, Directeur du Service de l’énergie de l’Etat de Genève.
« Incitations cantonales et fédérales aux économies d’énergie : 2009 restera une année phare. L’État de Genève a mis en place un programme exceptionnel de subventions des travaux favorisant les économies d’énergies et le recours aux énergies renouvelables. Baptisé chèque2009énergie, il devait initialement répartir un budget de 14 millions de francs. Ce montant incluait une subvention fédérale de 6 millions allouée à notre canton sur un total de 100 millions exceptionnellement débloqué par l’Assemblée fédérale. L’engouement des propriétaires et l’affluence des dossiers de projets soumis au Service de l’énergie (ScanE) furent tels qu’en septembre dernier, le Grand Conseil l’augmentait de 10 millions. Encore une fois, à titre exceptionnel. »
Vigoureux coup de pouce
« L’ensemble des subventions a généré un puissant effet de levier. Au final plus de 100 millions de francs de travaux ont été planifiés en 2009 dans le cadre des demandes de subventions. »
« Conduits par le ScanE cet automne, des sondages confirment que les carnets de commandes des entreprises genevoises sont remplis. Selon toute vraisemblance, le budget à disposition du chèque2009énergie sera entièrement dépensé. »
Perspectives 2010
« Le chèque2009énergie ne représentait que la première étape d’un programme prévu pour 10 ans. Ainsi, les propriétaires motivés par l’amélioration énergétique de leurs bâtiments ont-ils, pour les 10 années à venir, la possibilité d’un soutien financier sans précédent. Dans l’immédiat, ils devront patienter quelques semaines avant de solliciter une subvention. Les conditions d’octroi pour 2010 seront publiées fin décembre ou tout début janvier. Les demandes ne seront recevables que pour des travaux qui n'ont pas commencé au moment où elles sont déposées. »
Nouvelles subventions
Le 13 juin 2009, les chambres fédérales ont révisé la loi sur le CO2. Désormais, 200 millions de francs par an seront affectés aux subventions énergétiques. Au travers du programme national d’assainissement des bâtiments, l’essentiel ira aux mesures d’isolation du parc existant.
Les conditions de ce programme national ne sont pas encore finalisées par la Confédération. Les mesures de soutien cantonales ne seront elles-mêmes confirmées qu'au moment de l'adoption par le Grand Conseil du budget cantonal pour 2010.
Exemples d'actions pouvant bénéficier d'une subvention
- Travaux d’isolation et d'amélioration thermique des bâtiments
- Exploitation d’énergies renouvelables : installations solaires thermiques, bois, géothermie
- Récupération de chaleur (ventilation double-flux, pompe à chaleur sur air extrait, etc.)
- Engagement de contrats à la performance et d'audits énergétiques
Exemples de subventionnements en 2009
- Remplacement de fenêtres : jusqu'à 15% des coûts
- Isolation de toiture : jusqu'à 25% des coûts
- Audit énergétique : jusqu'à 60% des coûts.
Tous les travaux déjà subventionnés doivent être terminés en 2009.
Voir : geneve.ch/energie
Assistance téléphonique au numéro gratuit : 0800 777 100
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